mardi 5 mars 2013

Interview : Sophie Audouin-Mamikonian

C'est avec toute la simplicité et gentillesse que ses lecteurs lui connaissent que Sophie Audouin-Mamikonian a accepté de répondre aux questions du Petit Labo de l'Imaginaire, qui inaugure ainsi sa partie "Interviews" !


Entretien avec l'auteur de la célèbre saga Tara Duncan.



Photo Didier Pruvot - Copyright Flammarion



C'est avec Tara Duncan que tu as connu le succès. Comment imaginais-tu ta vie d'écrivain à l'époque où paraissait le premier tome ?

Devant mon ordi, à bosser comme une dingue. Je n’imaginais pas tous les à côtés du métier d’écrivain ; négocier avec les éditeurs, supporter la mauvaise humeur des mauvais attachés de presse ou gérer l’enthousiasme des bons attachés de presse, parler aux journalistes, monter des projets, allez me jeter aux genoux des producteurs, ramper pour obtenir le moindre truc. C’est à la fois le paradis et l’enfer.


Et aujourd'hui, comment imagines-tu les prochaines années de ta carrière ?

J’aimerais être réalisatrice, même si je vois à quel point c’est exigeant. Je sais que c’est curieux, mais j’ai une demi douzaine de réalisateurs et de scénaristes dans ma famille et après l’écriture, c’est ce qui me tente le plus. Donc, si tout va bien, peut être que je vais m’installer à Los Angeles pour faire partie de « la grande famille » d’Hollywood. Enfin, s’ils veulent de moi ! Et au moins, cela n’aura rien à voir avec un exil fiscal ! (rires)


Tu t'es jusqu'ici spécialisée dans la littérature jeunesse fantastique mais t'es essayée au thriller avec « La Danse des obèses ». Comment as-tu vécu cette nouvelle expérience d'écriture ?

Ben ce n’était pas vraiment une nouvelle expérience d’écriture, parce que j’ai écrit une quarantaine de livres pendant les 17 ans où je n’ai pas été éditée. J’ai écrit la DDO depuis longtemps, sauf que, bien sûr, elle a été éditée bien après Tara Duncan. Il n’y a pas une grande différence, la seule chose qui soit importante, à mes yeux, c’est le scénario. S’il est bon, le livre sera bon, alors c’est surtout sur cela que j’insiste.


Quel type de roman pourrais-tu, par contre, ne jamais écrire ?

Un roman érotique. Je trouve ça profondément ennuyeux, la réalité est bien plus joyeuse !


Très présente sur Facebook, tu sembles être très proche de tes lecteurs. Quel rôle jouent-ils dans ta carrière ?

Je les adore, ils sont aussi dingues que moi et les faire rire est ma mission. Nous formons une immense famille, c’est à la fois assez unique et complètement génial.


Bon nombre de lecteurs s'essayent à leur tour à l'écriture. Qu'aurais-tu à leur conseiller ? Comment as-tu toi-même vécu ta recherche d'éditeurs ?

C’est horrible, parce que les éditeurs se comportent comme s’ils te faisaient une faveur en t’éditant, alors qu’ils font juste leur boulot : Gagner de l’argent en éditant des auteurs. Il y a une grande hypocrisie dans ce milieu. On voudrait être de purs intellectuels, mais le fait qu’il faille gagner de l’argent brouille cette image idyllique. Donc mon meilleur conseil, c’est surtout de sécuriser son steak de tous les jours en ayant de sérieux diplômes et de bosser sur ses livres à côté. Parce que, pour l’instant, c’est tellement mal payé d’écrire que très peu d’auteurs peuvent en vivre. Et le plus important, c’est de persévérer. Il y a trois cent éditeurs rien qu’à Paris ! Moi j’ai attendu pendant dix sept ans avant d’être éditée…mais je n’ai jamais abandonné, grâce à ma famille qui a soutenu mon combat, parce que c’est, vraiment, un combat.


Tu travailles à la fois sur les séries Tara Duncan, La Couleur de l'âme des Anges et Indiana Teller... Comment parviens-tu à gérer un tel programme ?

Je travaille 15 heures par jour. Il n’y a pas de secret. Je tape très vite, même si je travaille sur mes scénarios très longtemps, ils ont tous été créés il y a des années, donc ce n’est pas comme si je commençais tout à partir de zéro…


Tara Duncan a fait beaucoup de chemin, et s'est extraite de ses pages pour prendre vie sur l'écran. Comment as-tu vécu cette adaptation de ton univers ?

J’ai adoré cette expérience, parce que j’en ai été partie prenante. Nous avions des conversations surréalistes sur mes personnages et surtout sur animaux et les légendes que j’ai inventé. C’était vraiment passionnant. Maintenant j’ai vraiment envie de renouveler l’expérience avec le film en live.


Et si à ton tour, demain, tu habitais un monde fantastique, quel type de personnage serais-tu ?

Une sortcelière bien sûr !


Alors que Lune d'Automne, le troisième tome d'Indiana Teller paraît le 14 mars prochain, comment appréhendes-tu la sortie d'un nouveau livre ?

C’est toujours la panique. Est ce que j’ai fait assez bien ? Est ce que mes lecteurs vont aimer ? Est ce que le scénario est impeccable ? Est ce que je n’ai pas utilisé de mots trop compliqués ? 
J’ai une écriture exigeante, je ne m’interdis pas d’utiliser mon langage habituel qui est assez sophistiqué sous ses lol et ses mdr, donc lorsque : désuets, acrostiche, palindrome, oxymore ou métaphores s’invitent dans mes pages, cela surprend souvent mes lecteurs.
Donc, je suis à la fois impatiente et angoissée. Curieux mélange


Et pour terminer, si ta vie était un roman, quel pourrait en être le titre ?

L’aventurière au pays des lettres…

_______________


Lune d'Automne, le troisième tome d'Indiana Teller paraîtra le 14 mars 2013 aux éditions Michel Lafon.

5 commentaires:

  1. Elle m'a l'air fort sympathique =)
    Moi qui ne connais rien au monde de l'édition, j'ai trouvé ses propos très intéressants.
    Merci pour cette interview !

    RépondreSupprimer
  2. Très intéressant! Merci pour cette interview! ^^

    RépondreSupprimer
  3. Félicitations pour cette première interview qui vient agrémenter ce joli blog ! Questions/réponses très intéressantes en plus, bravo ! Et ça fait plaisir de la savoir toujours aussi accessible, voilà qui donne envie d'aller à la découverte de ses bouquins. :-)

    RépondreSupprimer
  4. J'ai adoré!!
    Bravo pour votre première interview vous avez assuré

    RépondreSupprimer