jeudi 8 août 2013

Chronique littérature : La Pyramide rouge, de Rick Riordan

Albin Michel Wiz


Quatrième de couverture

Sadie et Carter Kane découvrent que les pharaons ne sont pas tous morts et enterrés. Leurs dieux non plus. Eux-mêmes sont les descendants de puissants magiciens, les seuls à pouvoir empêcher Seth, le dieu du chaos, de revenir sur Terre. Pour cela, il leur faut accepter une aide inattendue. La déesse Isis s'installe dans l'esprit de Sadie, tandis qu'Horus, le fils d'Osiris, vit en Carter.
Accompagnés de ces alliés un peu encombrants, les deux héros commencent alors la traque de Seth, le dieu de la Pyramide rouge. 


Mon avis

Après l'excellente saga Percy Jackson, Rick Riordan nous fait découvrir, à sa manière, la mythologie égyptienne. Si, de la part de l'auteur, je m'attendais à du très bon, je craignais malgré tout une simple transposition de l'histoire de Percy Jackson avec de nouveaux héros et de nouveaux dieux. Pourtant, rien de cela. Si on retrouve le même grain de folie et la même richesse dans les deux sagas, elles parviennent à se distinguer. Le scénario prend une direction totalement différente, le ton se fait un peu plus sérieux, et les personnages ne sont en rien des copies des précédents. Un point à souligner quand on connaît le nombre d'auteurs incapables de se renouveler.

Parlons personnages, justement. Sadie et Carter Kane sont à la fois drôles et touchants. Le frère et la sœur  qui n'ont rien en commun, se retrouvent forcés de prendre la route, ensemble, vers un combat auquel ils n'étaient pas préparés. Relaté comme la transcription de l'enregistrement de l'aventure racontée par les deux héros eux-même sur un dictaphone, le récit - à la première personne, donc - fait assister le lecteur aux échanges entres les protagonistes, aux petites piques qu'il se lancent, et à leurs commentaires. Derrière un aspect anodin,  ces détails contribuent à créer un lien avec le lecteur, qui assiste à la construction de l'histoire et de la relation fragile du frère et de la sœur d'un œil amusé et attendri.

Concernant l'histoire en elle-même, le scénario est abouti, riche, et parsemé de rebondissements tels que sait les imaginer Rick Riordan. Une maîtrise parfaite de son sujet permet à l'auteur de travailler avec finesse sa propre version de la mythologie égyptienne, et de la fondre si bien dans notre époque qu'elle en devient crédible. Un excellent point pour un roman fantastique. Les dieux égyptiens sont par ailleurs retravaillés avec modernité et fantaisie, offrant ainsi des scènes aussi drôles qu'inattendues.

Petit point négatif malgré mon avis plus qu'enthousiaste : le suspens. Si j'avais reproché à Percy Jackson de chercher à frustrer les lecteur outre-mesure, de manière parfois un peu lourde, c'est l'inverse qui m'a cette fois gêné. Si l'auteur cherche à entourer certains points de l'histoire, voire des personnages, de mystère, je n'ai pas ressenti d'attente, ou la fameuse frénésie de fin de roman pour enfin découvrir la chute inattendue. J'ai été surpris par l'une des révélations, certes, mais le suspens autour des aspects majeurs du roman n'a, à mon sens, pas été assez entretenu pour m'intriguer. D'autant plus que finalement, le dénouement ne m'a pas particulièrement étonné, car j'en avais deviné une bonne partie.

Hormis ce point noir, qui ne m'a pas gâché le plaisir de la lecture pour autant, La Pyramide rouge reste une excellente découverte que je conseille tant à ceux qui ne connaissent pas l'auteur qu'aux inconditionnels de Percy Jackson qui retrouveront un Rick Riordan en pleine forme !


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