dimanche 10 novembre 2013

Chronique littérature : L'Héritage, de Christopher Paolini


Bayard Jeunesse


Quatrième de couverture : 

Il n'y a pas très longtemps, Eragon, le tueur d'Ombres, dragonnier, n'était qu'un pauvre garçon de ferme, et son dragon, Saphira, seulement une pierre bleue dans la forêt. Maintenant, le destin d'un peuple entier repose sur leurs épaules.
De longs mois d'entraînements et de batailles ont rapporté des nombreuses victoires et de l'espoir, mais ils ont causé aussi des pertes déchirantes. Et puis, la réelle bataille n'a pas encore eu lieu : ils doivent affronter Galbatorix. Quand ils le feront, ils devront être assez fort pour le vaincre. Et s'ils ne le peuvent pas, personne ne le pourra. Il n'y aura pas de seconde chance.
Le dragonnier et son dragon sont allés plus loin que personne n'aurait pu l’espérer. Mais peuvent-ils renverser le roi maudit et restaurer la justice en Alagaësia ? Et dans ce cas, quel en sera le prix ?

Mon avis :

J’ai mis du temps avant de me plonger sérieusement dans ce dernier bouquin. Eragon, c’est d’abord le plaisir de découvrir un nouvel univers plein de complexité, de personnages attachants et de scènes prenantes, certes. Malheureusement, la première surprise passée, c’est aussi et surtout des passages qui trainent en longueur, et moooon diiieu que ça gâche le tout ! Permettez-moi donc de protester longuement pour sortir ma frustration.

Deux choses m’agacent profondément dans la saga et s’accentuent au fil des tomes : les scènes complètements inutiles et le langage elfique. Chez Tolkien, le langage elfique est une véritable langue, que l’auteur a mis des années à construire. Et il y a une grosse différence entre le Quenya de Tolkien et l’elfique de Paolini : chez Tolkien, c’est prononçable, bon dieu de chiotte !
Une scène en particulier m’a fait tirer les cheveux. Et, ne vous inquiétez pas, il n’y a aucun spoiler, étant donné que la scène ne sert strictement à rien. Nom du chapitre : Thardsvengûndnzmal.
(…J’ai besoin de faire un commentaire là, sérieux ?)
Orik maugréa dans sa moustache :
- Et si on m’avait dit qu’un dragon et un dragonnier me regarderaient fabriquer un Erôthknurl !
- Qu’est-ce qu’un Erôthknurl ?
- Un Thardsvergûndnzmal.
Ok. Que celui qui a réussi à prononcer ces deux mots du premier coup lève la main. Comme dirait une amie à moi : « C’est comme s’il avait posé son chat sur le clavier pour trouver les noms ». Je refais la scène à ma sauce : 
"- C'est quoi un dejfmh ? - Bah c'est un amahytû."
Vous n'avez rien compris ? C'est normal.
Croyez-moi, si au début on accepte sans trop rechigner ce langage imprononçable, au bout du quatrième tome, c’est agaçant voire carrément énervant. Ne pas être capable de prononcer une phrase ou le nom d’un personnage, c’est frustrant. D’autant plus que ce chapitre entier… ne sert à rien. Il ne fait pas avancer l’intrigue, il n’est même pas prenant ni particulièrement intéressant. 

Et c’est bien le problème dans ce bouquin : beaucoup de longueurs inutiles, beaucoup de passages qu’on a envie de sauter entre deux scènes prenantes. Je me suis même surprise à m’ennuyer durant les batailles, auxquelles je n’ai pas compris grand-chose d’ailleurs.

Autre problème : les incohérences. Attention, pour la suite, je me déchaine niveau spoilers.

On passe son temps à lire que Galbatorix (Panoramix ?) c'est le plus grand des dragonniers, un mec tellement trop fort sa maman qu'il pourrait dégommer tout le monde juste en un claquement de doigt. Et c'est pas une exagération : on décrit vraiment le méchant comme un mec qui pourrait, en un soupir, tuer toute l'armée des Vardens. Et que fait-il ?
Rien. Strictement rien. Le gars pourrait tout de même s'inquiéter un peu : après tout, après 100 ans de règne, un dragonnier et une armée arrive droit sur lui. Mais non. On s'en fout, on s'appelle Galbatorix, on a même pas peur. Bon. Pourquoi pas. (Moi, à sa place, je me dirais tout de même que ça sent un peu le pâté cette histoire.)
Le dragon de Galbatorix est aussi décrit comme un dragon capable de mettre tout une troupe dans l'ombre rien qu'en déployant ses ailes. Du coup, c'est tout à fait logiquement qu'il se fait tuer en 15 minutes pas deux dragons de six mois chacun, alors que l'ennemi a plus de cent ans.
Petite anecdote tout à fait personnelle : Eragon appelle son épée 'Feu', en elfique (c'est un truc du genre Brin.. Brus... Brisingr.. Bref, feu en elfique quoi.) Du coup, à chaque fois qu'il dit "Feu", son épée s'enflamme.  ... Y'a que moi que ça fait marrer ou... ?
"Hey, t'as pas du feu ? ARG, merde !"

Pour résumer, ce cycle avait un potentiel effarant. Les premiers tomes, j'avais ignoré les ressemblances avec notre maître à tous Tokien, parce que le récit était prenant. Au fil du temps, tout cela s'est atténué. Je me suis pourtant surprise, à la dernière page, à avoir une petite larme en quittant tous ces personnages... Malgré toutes mes critiques, visiblement, je ne suis tout de même pas restée insensible à cet univers il faut croire... Dommage pour les incohérences, c'est ce que je déteste le plus dans une histoire de Fantasy. La force de l'imaginaire, c'est de vous faire croire que tout ce que vous lisez est vrai. Ici, c'est parfois raté...


Comme je l'avais dit il y a bien longtemps, on a l'impression que Paolini a voulu imiter la recette de Tolkien. Sauf qu'au lieu de préparer un festin, il a fait un cassoulet. 
(Après je dis pas, c'est bon le cassoulet. Des fois.) 


2 commentaires:

  1. Cet article résume bien mon avis de Paolini. Un big potentiel ramené au niveau des pâquerettes parce que Môsieur à voulu faire bien, et s'est planté.
    Je n'ai pas eu le courage de lire jusqu'à la fin, je le reconnais. Au chapitre parlant du chmikzutralyallfokhiul, j'ai arrêté. Du coup, le spoiler du dragon de Galbatorix m'a fait bien rire :D

    Merci pour l'article, qui qu'vous soyez !

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  2. Je trouve ça tellement vrai ! Tu m'as fait marrer avec ta critique. Tu pètes le feu toi ! Merdeeeeee, put**** d'épée ! enfin soit... C'est vrai que c'était long et qu'un bouquin aurait suffit mais on s'attache un peu aux persos quand même. Heureusement sinon je ne vois pas comment on arriverait au bout de ces 4 bouquins mégalong !

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