samedi 25 octobre 2014

Chronique littérature : La main de la nuit, de Susan Hill


Editions L'Archipel


Quatrième de couverture

Adam Snow, un marchand de livres anciens perdu dans la campagne anglaise, arrive dans le parc d'un manoir à l'abandon. Par curiosité, il se dirige vers la porte d'entrée, lorsqu'il ressent une présence mystérieuse...
La petite main qui a saisi la sienne va désormais l'obséder. D'autant qu'elle semble lui vouloir du mal...


Mon avis

Mon ressenti après la lecture des premiers chapitres a été sans appel : j'étais accroché à La main de la nuit et ne tarderais pas à dévorer le reste du livre, emporté par l'histoire et l'atmosphère installée avec brio par Susan Hill.


A l'image de La Dame en noir, du même auteur, l'ambiance s'installe très vite. Si bien que, même à la lecture des passages les plus ordinaires, je me suis surpris à frissonner, et à jeter quelques coups d’œil par-dessus le livre afin de m'assurer d'être bien seul dans ma chambre. Le rythme est plutôt lent, les événements centraux ponctués de chapitres souvent concentrés sur le quotidien du protagoniste et les voyages imposés par son travail... Mais là où certains auteurs se cassent les dents, Susan Hill parvient à ne pas perdre l'attention de son lecteur. Sans un mot, sans aucune précision à ce sujet, il est aisé de comprendre que même les passages les plus anodins prendront leur importance au moment voulu.

Par ailleurs, lorsque vient l'instant d'entrer dans le vif du sujet, et que la main invisible se manifeste, l'auteur laisse son lecteur prendre ses marques, pénétrer en ces lieux angoissants qu'elle décrit à merveille. A nouveau, aucune longueur ne paraît superflue. Et s'il m'arrive de m'impatienter, ailleurs, sur un étalage de descriptions, je n'ai ici ressenti aucune lassitude. La plume de Susan Hill transporte le lecteur au cœur du livre, entre ses pages, à la place du personnage principal.

Petit détail positif, d'ailleurs, à ce sujet : l'utilisation de la narration à la première personne. Adopter le point de vue du protagoniste, dans ce type d'histoire, est un choix très judicieux. Pour ma part, en tout cas, cela s'est avéré très efficace et, à nouveau, mon imagination n'a pas eu de mal à me mettre à la place du personnage.

Et malgré tout... Je ne peux m'empêcher de terminer la lecture avec une (grosse) pointe de frustration. Le récit s'enchaîne très bien, et l'histoire se voit parsemée de détails inattendus, de données qui viennent étoffer le mystère de la main invisible, voire s'y ajouter. Mystères supplémentaires que l'auteur choisit de ne pas éclaircir totalement. Si je n'ai pas de problème avec les fins ouvertes, dans ce cas, je suis un peu dérangé.
En effet, les éléments qui entrent peu à peu en ligne de compte sont loin d'être négligeables, et viennent donner de la consistance à une énigme de base qui n'a rien de très originale. J'ai donc très bien accueilli ces rebondissements. Et malheureusement, je ressors de cette lecture pourtant passionnante avec l'impression d'avoir été plongé tête la première dans une histoire pour être ramené à la surface avant l'heure. D'autant plus que la chute est, pour ma part - chacun se fera son avis en fonction de ses sensibilités personnelles - très attendue, et sent un peu le réchauffé.

Un véritable frustration, donc, à l'issue de la lecture de La main de la nuit, un roman riche qui m'a embarqué dès la première page mais me laisse terriblement sur ma faim. Finalement, un histoire plein de promesses qu'elle n'a, pour ma part, pas su tenir.


Merci  beaucoup à Audrey Daragon (Langage et Projets Conseils) et aux éditions l'Archipel pour l'envoi de ce livre !


2 commentaires:

  1. Pour ma part, je m'attendais à plus frissonner...

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    1. Moi aussi, mais finalement c'était bien comme ça. Les passages surnaturels étaient bien amenés entre les scènes plus calmes. En tout cas sur moi ça a fonctionné !

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